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Étalement urbain

Marquées par une croissance démographique accélérée au cours des dernières années, les municipalités limitrophes de la région métropolitaine contribuent à l’accroissement de l’urbanisation périmétropolitaine, phénomène qui entraîne des répercussions pour les municipalités de la CMM

La situation

Dès la création de la CMM en 2001, les municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ont entamé une profonde réflexion quant à l’aménagement du territoire, à ce qu’il convenait de faire pour assurer son développement dans une perspective durable, et ainsi en faire une région compétitive et attractive. Cette étape s’est conclue par l’adoption du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD).

Depuis son entrée en vigueur en 2012, les municipalités régionales de comté (MRC) et les municipalités de la CMM respectent ses orientations et se conforment aux règlements qui en découlent. Leurs efforts ont d’ailleurs déjà porté fruit et favorisé une densification notable du périmètre d’urbanisation métropolitain, permettant d’optimiser l’espace disponible au développement, sans empiéter sur la zone agricole.

Mais ces efforts, parfois réalisés à prix fort, pourraient devenir inutiles si les MRC limitrophes de la région métropolitaine n’en font pas également.

La problématique

Marquées par une croissance démographique accélérée au cours des dernières années, les municipalités limitrophes de la région métropolitaine contribuent à l’accroissement de l’urbanisation périmétropolitaine, phénomène qui entraîne des répercussions pour les municipalités de la CMM.

D’abord parce que ces municipalités présentent une importante intégration socioéconomique avec le territoire métropolitain. Les récentes données de l’Observatoire Grand Montréal démontrent notamment que 28 % de la population active de ces municipalités occupent un emploi régulier sur le territoire de la CMM. Le nombre de ces travailleurs s’élève à 100 000, dont 94 % utilisent presque exclusivement l’automobile comme mode de transport. Ce phénomène est devenu si évident que la commission du transport de la CMM a reçu le mandat de procéder à une étude sur les effets de débordement des municipalités de la 3e couronne en matière de transport.  Elle doit notamment estimer leur ampleur et les impacts financiers reliés à l’utilisation du transport collectif et du réseau routier du Grand Montréal, dont la gestion incombe aux municipalités de la CMM.

En outre, contrairement à ce qui se fait sur le territoire de la CMM – où la part des maisons individuelles construites entre 2013 et 2018 s’est située sous les 40 %, plusieurs de ces municipalités présentent un développement résidentiel reposant uniquement sur la construction de maisons individuelles. Plutôt que de densifier leurs espaces voués à l’urbanisation, elles consomment plus d’espace et contribuent ainsi à l’agrandissement des périmètres d’urbanisation et à la disparition de terres agricoles ou de milieux naturels.

En adoptant des schémas d’aménagement et de développement contraires au principe de consolidation des zones urbaines, les MRC ne tiennent pas compte des orientations gouvernementales, notamment l’orientation 10 et le principe de complémentarité qui vise à freiner l’étalement urbain.

Les impacts

La gestion de l’urbanisation de ces MRC crée une iniquité face à leurs voisines de la CMM qui remet en cause les fondements même de l’orientation 10, notamment en ce qui a trait aux seuils de densité et aux agrandissements de périmètres d’urbanisation, dont certains en zone agricole.

Par ailleurs, cet étalement urbain engendre des coûts pour les municipalités de la CMM, entre autres pour le développement et l’entretien des réseaux de transport en commun et routier. Comme la croissance démographique de ces MRC résulte en grande partie de la migration de citoyens de la région métropolitaine vers la région périurbaine, l’aménagement étalé de leur territoire contribuera à stimuler la construction de nouvelles routes et l’augmentation des distances parcourues, du nombre de véhicules et de la congestion.

S’enchaînent ensuite toute une panoplie de conséquences :

  • augmentation de la consommation d’énergie
  • hausse des gaz à effet de serre
  • augmentation du temps de transport
  • baisse du transport actif
  • hausse des îlots de chaleur
  • perte de biodiversité
  • baisse de la qualité de l’eau
  • diminution des cultures et de l’autonomie régionale alimentaire

La solution

À l’heure où le Grand Montréal, et le Québec tout entier, doit effectuer un important virage écologique, il est essentiel d’aménager le territoire de façon responsable et de s’assurer que cet engagement soit partagé et respecté par tout un chacun. Appliquer les orientations du PMAD et de l’Addenda gouvernemental en matière d’aménagement constitue l’unique condition.

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