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Étalement urbain

Marquées par une croissance démographique accélérée au cours des dernières années, les municipalités limitrophes de la région métropolitaine contribuent à l’accroissement de l’urbanisation périmétropolitaine, phénomène qui entraîne des répercussions pour les municipalités de la CMM

La situation

Dès la création de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) en 2001, les 82 municipalités qui la composent ont entamé une profonde réflexion quant à l’aménagement du territoire, à ce qu’il convenait de faire pour contrer l’étalement urbain et assurer son développement dans une perspective durable, et ainsi en faire une région compétitive et attractive. Cette étape s’est conclue par l’adoption du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD).

Depuis son entrée en vigueur en 2012, les municipalités régionales de comté (MRC) et les municipalités respectent ses orientations et se conforment aux règlements qui en découlent. Leurs efforts ont d’ailleurs déjà porté fruit et favorisé une densification notable du périmètre d’urbanisation métropolitain, permettant d’optimiser l’espace disponible au développement sans empiéter sur la zone agricole.

Mais ces efforts, parfois réalisés à prix fort, pourraient devenir inutiles si les MRC limitrophes de la région métropolitaine n’en font pas également.

La problématique

Marquées par une croissance démographique accélérée au cours des dernières années, les municipalités limitrophes de la région métropolitaine contribuent à l’accroissement de l’urbanisation périmétropolitaine, laquelle entraîne des répercussions pour les municipalités de la CMM.

D’abord parce que ces municipalités présentent une importante intégration socioéconomique avec le territoire métropolitain. Les récentes données de l’Observatoire Grand Montréal démontrent notamment que 28 % de la population active de ces municipalités occupent un emploi régulier sur le territoire de la CMM. Le nombre de ces travailleurs s’élève à 100 000, dont 94 % utilisent presque exclusivement l’automobile comme mode de transport. Ce phénomène est devenu si manifeste que la commission du transport de la CMM a reçu le mandat de procéder à une étude sur les effets de débordement des municipalités de la 3e couronne en matière de transport.  Elle doit notamment estimer leur ampleur et les impacts financiers reliés à l’utilisation du transport collectif et du réseau routier du Grand Montréal, dont la gestion incombe aux municipalités de la CMM.

En outre, contrairement à ce qui se fait sur le territoire de la CMM – où la part des maisons individuelles dans les mises en chantier résidentielles est passée de plus de 70 % au début des années 2000 à environ 15 % en 2019, plusieurs de ces municipalités présentent un développement résidentiel reposant principalement sur la construction de maisons unifamiliales isolées. Plutôt que de densifier les espaces voués à l’urbanisation, elles consomment plus d’espace et contribuent ainsi à l’agrandissement des périmètres d’urbanisation et à la disparition de terres agricoles ou de milieux naturels.

En adoptant des schémas d’aménagement et de développement contraires au principe de consolidation des zones urbaines, les MRC ne tiennent pas compte des orientations gouvernementales, particulièrement l’orientation 10 et le principe de complémentarité qui vise à freiner l’étalement urbain.

Les impacts

La gestion de l’urbanisation de ces MRC crée une iniquité face à leurs voisines de la CMM qui remet en cause les fondements mêmes de l’orientation 10, notamment en ce qui a trait aux seuils de densité et aux agrandissements des périmètres d’urbanisation, dont certains en zone agricole.

Par ailleurs, cet étalement urbain engendre des coûts pour les municipalités de la CMM, entre autres pour le développement, les équipements et l’entretien des réseaux de transport en commun et routier. Comme la croissance démographique de ces MRC résulte en grande partie de la migration de citoyens de la région métropolitaine vers la région périurbaine, l’aménagement étalé de leur territoire contribuera à stimuler la construction de nouvelles routes et l’augmentation du nombre de véhicules, des distances parcourues et de la congestion.

S’enchaînent ensuite toute une panoplie de conséquences :

  • augmentation de la consommation d’énergie
  • hausse des gaz à effet de serre
  • augmentation du temps de transport
  • baisse du transport actif
  • hausse des îlots de chaleur
  • perte de biodiversité
  • baisse de la qualité de l’eau
  • diminution des cultures et de l’autonomie régionale alimentaire
  • intensification des impacts des changements climatiques, notamment les inondations
Étalement urbain - schéma sur la densification

La solution

À l’heure où le Grand Montréal, et le Québec tout entier, doit effectuer un important virage écologique, il est essentiel d’aménager le territoire de façon responsable et de s’assurer que cet engagement soit partagé et respecté par tout un chacun. Appliquer les orientations de l’Addenda gouvernemental en matière d’aménagement, dans une optique de complémentarité des planifications métropolitaine et périmétropolitaine, constitue la première condition pour contrer l’étalement urbain.

S’appuyant sur les mêmes principes d’urbanisation qui guident le PMAD, cette orientation permettra notamment :

  • d’optimiser l’espace, en augmentant la densité résidentielle et en limitant le développement urbain à l’intérieur d’un périmètre
  • de favoriser l’implantation de modes de transport en commun structurants

Déterminée à trouver des solutions pour freiner l’étalement urbain et l’utilisation de l’auto solo, la CMM entend ouvrir le dialogue avec les municipalités locales et régionales contiguës au territoire métropolitain en leur proposant notamment des ententes pour y développer l’offre de transport collectif.

Établies en fonction des particularités de chaque milieu, ces ententes permettront de mettre en place un réseau de transport en commun structurant qui répondra aux besoins de la population de la CMM et des municipalités de son pourtour, et d’atteindre ainsi l’objectif cible du PMAD d’accroître à 35 % la part modale du transport collectif dans les déplacements en période de pointe du matin d’ici 2031. Une entente type sera élaborée au cours des prochains mois et fera l’objet d’une démarche de consultation auprès de l’ensemble des partenaires.

À cette solution s’ajoutera la mise en place d’un programme de compensation aux municipalités rurales, qui offrira un soutien financier aux 19 municipalités de la CMM dont la superficie est composée à 80 % ou plus de terres agricoles pour compenser la perte de revenus fonciers qu’elles auraient obtenus si elles avaient continué à développer leur territoire. Ce programme constitue une solution novatrice favorisant un aménagement du territoire durable et la protection de la zone agricole.

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