Discours prononcé par M. Gérald
Tremblay
Maire de Montréal
Devant la chambre de commerce du Montréal métropolitain
Le 11 juin 2002

La création de la nouvelle
ville
Un défi pour tous, un défi pour chacun
!
Le discours lu fait foi de version finale
Je remercie la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain et ses 7000 membres d’avoir
pris l’initiative de cette rencontre et surtout d’y
avoir associé Centraide et nos partenaires. Ce lien
Chambre/Centraide/partenaires est exactement dans la foulée
d’un des grands consensus du Sommet : l’interdépendance
de nos actions. J’en profite également pour
remercier les chefs de délégation qui ont œuvré au
Sommet et qui ont travaillé très fort au
succès de cet événement.
C’est la quatrième fois que je
participe à un événement au Marché Bonsecours.
La première fois, c’était pour annoncer
ma candidature au poste de maire de la nouvelle Ville de
Montréal. J’étais ici lors de mon assermentation
comme maire de Montréal et pour présider le
Sommet de Montréal. Aujourd’hui, c’est
pour vous faire part des suivis que nous entendons faire
en relation avec ce sommet.
Le marché Bonsecours et son site regorgent
de l’histoire montréalaise. Durant le régime
français, le site où sera érigé ce
marché, était au centre de la vie sociale et
culturelle de la colonie. Charles Lemoyne de Longueuil y
a résidé. Madame de Bégon, épistolaire
célèbre, y a tenu salon et François
Bigot, dernier intendant, y habita.
Le site accueillit également le Théâtre
Royal où se produisit Charles Dickens. La construction
de l’actuel marché Bonsecours débuta
en 1844. Après l’incendie du Parlement de Montréal,
les députés siégèrent au Marché,
du 26 avril au 7 mai 1849. Le Marché abrita aussi
l’Hôtel de ville de Montréal pendant plus
de 25 ans, soit jusqu’en 1878.
Vous comprendrez que ce lieu a pour les Montréalais
et les Montréalaises une connotation particulière.
Je souhaite donc y revenir dans trois ans pour vous exposer
le bilan de NOS réalisations.
Au cours des dernières décennies,
l’île de Montréal a toujours été considérée
comme une des seize régions administratives du Québec.
Certes, au cours de ces années, il faut reconnaître
que les gouvernements ont ciblé certaines de leurs
interventions vers la grande ville (Innovatech du grand Montréal,
Cité du multimédia, Cité du commerce électronique,
Quartier international de Montréal … ) pour
en arriver tôt ou tard à les inscrire dans un
grand plan d’ensemble qui ne faisait plus ressortir
le caractère particulier de Montréal et de
sa région.
Conscient des enjeux et des pressions exercées
sur les grandes villes par la mondialisation et la concurrence
qui s’y rattache, le vieillissement de la population,
l’immigration et les problèmes sociaux et urbains,
le gouvernement du Québec s’est engagé avec
beaucoup de courage et de détermination dans une réorganisation
municipale majeure de laquelle est née la nouvelle
Ville de Montréal, consolidant ainsi sa position de
deuxième plus grande métropole francophone
au monde.
Pour la première fois, un gouvernement
du Québec reconnaît le rôle névralgique
et le leadership que la nouvelle Ville de Montréal
joue et doit jouer pour favoriser son rayonnement et celui
du Québec et ainsi l’inscrire dans les grands
réseaux internationaux du savoir, de la culture et
d’une économie durable. Le développement
et la croissance de Montréal deviennent donc essentiels
au mieux-être des Montréalaises et des Montréalais
et au devenir de toute la population du Québec.
Pour appuyer cette volonté politique,
près de 1 000 personnes ont participé activement à l’un
ou l’autre des 19 ateliers thématiques tenus
le 4 juin, à l’École des Hautes Études
Commerciales, alors que plus de 300 délégués
ont travaillé intensivement lors du sommet des partenaires,
les 5 et 6 juin, au Marché Bonsecours. Si on ajoute à cela
les milliers d’autres citoyens et citoyennes qui ont
participé aux 27 sommets d’arrondissement, aux
14 sommets sectoriels et à la consultation, on peut
affirmer que le Sommet de Montréal a été un
des grands exercices démocratiques de l’histoire
de Montréal et qu’il a permis l’émergence
d’un sentiment d’appartenance de tous les citoyens
et citoyennes à leur ville.
De cet exercice démocratique, découle
une volonté commune pour que Montréal consolide
et renforce sa place comme :
- Métropole de création
et d’innovation,
ouverte sur le monde
- Métropole de savoir et
de culture
- Métropole de développement
durable
- Métropole solidaire, inclusive
et agréable à vivre
- Métropole démocratique, équitable
et transparente
- Métropole dotée d’une
administration performante, au service des citoyens
Le gouvernement du Québec reconnaît également
que la mise en place de la nouvelle Ville exige de nouvelles
façons de faire et de gérer pour mieux répondre
aux besoins des citoyens et citoyennes et asseoir cette association
sur de nouvelles règles de partenariat à long
terme aptes à permettre des actions efficaces, souples
et rapides. C’est une approche nouvelle et totalement
différente.
Mais ce large consensus et cette volonté politique
sont-ils suffisants pour stimuler le changement et obtenir
l’adhésion de tous ceux et celles qui, à chaque
jour, dans leur milieu, contribuent au développement économique,
social, éducatif, culturel et environnemental de la
métropole?
Le véritable défi n’est-il
pas celui de reconnaître que dorénavant l’évolution
rapide et dynamique de la société va venir
de bas en haut, plutôt que de haut en bas ? C’est-à-dire
par une écoute attentive des attentes et des besoins
de tous les milieux et de la population de Montréal.
La dynamique du Sommet allait en ce sens.
Si nous voulons accélérer le
développement de la Ville, la participation du citoyen
est essentielle et plusieurs éléments sont
nécessaires. Les expériences vécues
et l’expertise développée par les organismes
communautaires dans les quartiers sont incontournables. L’apport
inestimable de nos institutions d’enseignement et de
santé doit être davantage reconnu. Créer
de la richesse tout en faisant la promotion de l’environnement
fait appel à une collaboration entre les milieux économique
et syndical et entre les milieux communautaire et économique.
Le gouvernement du Québec, ainsi que le gouvernement
du Canada, dans ses champs de juridiction, par ses activités
et par ses actifs immobiliers sur le territoire de la Ville,
jouent un rôle de premier plan.
Le Sommet de Montréal a confirmé de
façon éloquente que nous avons besoin les uns
des autres, même des plus petits et vulnérables,
et que la participation de tous est essentielle.
Renforcer la société civile
L’administration municipale est le palier
de gouvernement le plus près des citoyens et nous
le disons avec fierté à nos différents
partenaires pour leur expliquer que nous sommes les mieux
placés pour répondre aux attentes de la population
montréalaise. Mais cette affirmation a une exigence
: la démocratie participative
Dans le cadre des sommets sectoriels et des
sommets d’arrondissement, les citoyens ont réaffirmé de
façon très nette leur volonté de participer
aux affaires de la nouvelle Ville, à son implantation
et à son développement. Aussi, demandent-ils
d’être plus informés et consultés
sur la nouvelle Ville, ses composantes, la répartition
des pouvoirs entre les conseils d’arrondissement et
le conseil municipal. Ils demandent également d’améliorer
la transparence des institutions.
C’est dans cette optique que mon administration
créera un poste d’ombudsman qui assurera la
défense des citoyens et citoyennes de Montréal
face à son administration.
La démocratie passe par le respect
de la personne, et certains ont insisté pour que les
services leur soient accessibles dans les deux langues. Les
citoyens et citoyennes attendent surtout des actions concrètes
pour les taxes qu’ils paient et souhaitent que les élus
agissent pour développer les liens de confiance avec
la population.
De plus, notre projet pilote de séance
publique du comité exécutif qui se tiendra
le 19 juin, à 9 heures, dans la salle du conseil municipal,
ouvre la porte à une autre forme de démocratie
participative.
Être citoyen veut dire participer à la
création d’une vraie Ville. Une Ville qui, par
ses institutions démocratiques, met au premier plan
la reconnaissance formelle des communautés ethnoculturelles
et de ses minorités visibles, des personnes handicapées,
des gais et lesbiennes ainsi que l’importance du rôle
des femmes, des jeunes et des aînés, particulièrement
en matière d’accessibilité et d’égalité.
Il nous faut aller au-delà des vœux pieux et
des discours sans lendemain. Le Sommet de Montréal
a permis de tracer des lignes d’action et nous avons
la ferme intention d’y donner suite. Ne doutez pas
de notre volonté d’agir et de réussir.
Nos différences ne doivent pas nous empêcher
d’être tous les Montréalaises et des Montréalais à part
entière.
La complémentarité des
actions
Le Symposium 2017 de la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain, les autres sommets comme celui des
Amis de la montagne, les sommes d’arrondissement, les
sommets sectoriels et le sommet des partenaires ont permis à tous
les acteurs d’expliciter davantage leur point de vue
et leurs priorités d’actions, tout en témoignant
une confiance indéfectible dans la nouvelle Ville.
À preuve, voici quelques déclarations
faites au Sommet :
« On a montré qu’on était capable
de réfléchir en gang », a dit Dinu Bumbaru,
de Héritage Montréal.
Simon Brault, le chef de la délégation de
la culture, s’est réjoui, lui, que Montréal
soit reconnue comme métropole culturelle et que ce
statut soit inscrit dans ce qu’il a appelé « le
code génétique de la nouvelle Ville ».
Elliott Lifson, le dirigeant d’une grande entreprise
qui fait des affaires sur la scène internationale,
a aussi fait part de sa satisfaction en disant : « J’ai
appris plus que j’ai donné ».
Un fonctionnaire qui a travaillé au Sommet a dit « Je
travaille à la Ville depuis 15 ans et je ne savais
pas ce qui s’y passait. »
La sagesse, la franchise, la vigueur des débats,
les interventions fort enrichissantes et les propositions
mises de l’avant ont fait comprendre à l’ensemble
des participants qu’ils avaient plus à gagner à s’entendre
et à s’unir autour de consensus qu’à se
diviser. Ils ont compris qu’ils devaient s’impliquer
davantage et agir rapidement. La création de la nouvelle
Ville n’est pas seulement l’affaire de l’Administration
et de ses fonctionnaires. C’est avant tout un milieu
de vie et tous sont interpellés.
Tous conviennent que Montréal est la
seule grande ville de dimension internationale au Québec
: une métropole de culture et de savoir. Des projets
précis viendront concrétiser cette réalité :
la Grande bibliothèque du Québec, un réseau
intégré de bibliothèques, le Quartier
des spectacles, le Quartier international de Montréal,
la Cité des arts du cirque et la Cité étudiante
internationale.
Les partenaires reconnaissent l’importance de continuer à créer
plus de richesse pour avoir un meilleur partage, mais que
la cohésion sociale, la sécurité, l’environnement,
le développement du patrimoine, les espaces verts
et bleus, le Mont-Royal, l’aménagement urbain,
les sports, les loisirs, les parcs, l’accessibilité au
transport sont des conditions essentielles de réussite.
Nous cesserons donc de faire des projets à une facette.
La réalité est plus complexe et nous devons
en tenir compte. Chaque projet devra intégrer cette
complexité.
Ainsi, nous avons convenu au Sommet de la mise en place
d’une Commission de développement du quartier
du Havre, quartier qui englobe différents secteurs,
tel que le centre-ville, le Vieux-Montréal, le Vieux-Port,
le Port de Montréal, l’entrée du Canal
de Lachine jusqu’au Technoparc. Nous entendons mettre
en place rapidement cette commission de développement.
Pour concrétiser le consensus concernant la complémentarité d’action,
cette commission comprendra des représentants non
seulement du monde des affaires et des développeurs,
mais inclura dans son sein des représentants de développement
urbain et social.
Notre nouveau projet de modernisation de la rue Notre-Dame
illustre parfaitement notre nouvelle approche. Nous sommes
partis d’un projet considéré sous le
seul angle du transport pour déboucher sur un résultat
qui inclut les problématiques de développement économique,
urbain et environnemental, d’habitation, d’accès
au fleuve, de mise en valeur des espaces verts, de transport
en commun, de pistes cyclables et de sécurité,
notamment pour les piétons.
Dorénavant, on comprendra mieux que la construction
et la rénovation de logements sociaux, de logements à prix
abordables et de logements locatifs ont une incidence directe
sur la lutte à la pauvreté. D’ailleurs, à cet égard,
la nouvelle Ville de Montréal entend être proactive
dans le plan de lutte contre la pauvreté que le premier
ministre du Québec a annoncé au Sommet.
On reconnaît également que le compte de taxes
des Montréalais et des Montréalaises est trop élevé et
que la modernisation de l’administration municipale,
de meilleures relations de travail et une saine gestion des
finances publiques amélioreront considérablement
la qualité des services et, par conséquent,
la qualité de la vie des Montréalaises et des
Montréalais.
Fini donc le temps où chacun travaillait dans son
silo. Fini également le temps où l’administration
gérait en silo. Dorénavant, nos actions et
notre gestion devront impliquer de la coordination et des échanges
horizontaux et verticaux.
On réalise aussi l’importance de la décentralisation
et de l’autonomie des arrondissements ainsi que le
rôle de la ville-centre, et qu’il ne peut y avoir
de Montréal fort sans une communauté métropolitaine
forte. L’interdépendance devra jouer un rôle à ce
niveau. Le maire de Montréal et son équipe,
de même que les maires de Laval et de Longueuil, et
deux des couronnes Nord et Sud doivent collaborer davantage
ensemble pour mieux planifier, coordonner et financer le
développement de la grande région métropolitaine
de Montréal.
Le développement harmonieux d’un territoire
qui comprend la moitié de la population du Québec
aura des répercussions positives et rentables pour
toutes les régions du Québec. Avec la participation
proactive de notre partenaire privilégié, le
gouvernement du Québec, et de celle du gouvernement
du Canada, dans ses champs de juridiction, la métropole
réalisera enfin son plein potentiel et prendra sa
place parmi les grandes métropoles du monde.
L’engagement concret et réel
de tous les partenaires repose maintenant sur une fondation à toute épreuve
: la confiance, le respect mutuel et une vision commune.
Nouveau partenariat : le « contrat
de ville »
Dans cette perspective, le gouvernement du
Québec reconnaît que le moment est maintenant
venu de doter la nouvelle Ville de Montréal de moyens
modernes, afin qu’elle puisse exercer son mandat de
dispensateur de services auprès des citoyens, de créateur
de richesse, mais également de leader de la région
métropolitaine.
Le respect des priorités clairement définies,
l’autonomie décisionnelle, la souplesse, la
rapidité et l’efficacité de l’intervention
municipale, l’adaptation de l’intervention gouvernementale
aux particularités du milieu, de même que la
transparence des actions et l’imputabilité à l’égard
des résultats assureront le dynamisme de ce partenariat
renouvelé entre la nouvelle Ville et le gouvernement
du Québec. C’est plus qu’une marque de
confiance, c’est la reconnaissance de notre savoir-faire
collectif.
Le « contrat de ville » d’une durée
d’au oins 5 ans sera élaboré d’ici
le 1er décembre 2002 et comprendra trois parties principales
:
- une première partie définissant
les caractéristiques générales du contrat
qui préciseront les nouvelles règles de gestion,
notamment les résultats attendus, les mesures et contrôles à posteriori
des résultats, le cadre financier et les responsabilités
de gestion;
- une seconde partie traitant, pour chacun
des objectifs déjà cités des créneaux
ou secteurs d’intervention privilégiés;
- une dernière partie concernant le
financement des différentes interventions identifiées
qui pourrait notamment comporter les éléments
suivants :
- la définition et la mise en place
de nouvelles sources de revenus pour la nouvelle Ville
basées
davantage sur la croissance plutôt que sur la
taxe foncière.
- l’estimation conséquente
du niveau des dépenses
d’immobilisations et d’exploitation qui
sera nécessaire pour atteindre les objectifs
et les résultats
convenus;
- les économies d’échelle
et les efforts de productivité auxquels la nouvelle
Ville s’engage
par une modernisation de l’Administration municipale,
afin de dégager une marge de manœuvre.
Forte de ce « contrat de ville »,
la nouvelle Administration municipale partagera le pouvoir
et signera des « contrats d’arrondissement » et
des « contrats de partenariat » avec les acteurs
du développement de Montréal. Le but de cette
nouvelle dynamique est de travailler tous ensemble sur des
objectifs précis et sur des résultats concrets.
Un nouvel accord pour les villes-régions du Canada
Plusieurs rapports récents présentent
une analyse logique du défi urbain et proposent de
multiples mécanismes pour y arriver1.
À Montréal, immédiatement
après le Sommet, les maires des cinq grandes villes-régions
du Canada – Vancouver, Calgary, Winnipeg, Toronto,
Montréal – ont convenu qu’il fallait endosser
les conclusions des rapports qui obligent les gouvernements à changer
la façon dont leurs grandes régions urbaines
exercent leurs pouvoirs et sont financées; que le
temps était venu de s’attaquer à la crise
imminente des grandes villes canadiennes qui sont le moteur
du développement économique, social, culturel
et environnemental; que des stratégies doivent être élaborées
par les gouvernements provinciaux et fédéral,
de concert avec les élus municipaux et en partenariat
avec les intervenants d’autres secteurs; que la mise
en place de ces actions doit être confiée aux
administrations municipales qui sont les plus aptes à répondre
efficacement aux besoins des citoyens.
C’est dans ce contexte que les maires du C5 se sont
engagés à rencontrer leur premier ministre
respectif, afin de discuter des défis et des besoins
des villes-régions canadiennes, ainsi que de les appuyer
dans leur démarche pour faire reconnaître l’urgence
de régler le déséquilibre fiscal.
Et c’est dans ce même contexte que tous les
maires font appel à leurs partenaires pour qu’ils
se joignent à eux et fassent comprendre au gouvernement
canadien que notre avenir individuel et collectif est en
cause.
De plus, les maires souhaitent que leur premier ministre
demande le plus rapidement possible une rencontre des premiers
ministres des provinces, avec le premier ministre du Canada, à laquelle
ils seraient invités à participer, pour discuter
des questions suivantes :
- les mécanismes de partage des revenus, y compris
un pourcentage d’une nouvelle croissance nette
des revenus;
- les incitatifs et les outils fiscaux pour
régler
des questions urbaines importantes, comme le logement, le
transport, l’intégration des immigrants, l’environnement
et le développement économique;
- les nouvelles méthodes de travail et
de gestion permettant de mieux répondre aux besoins
des citoyens et une association établie sur de nouvelles
règles
de partenariat en vue d’une action rapide, efficace
et souple;
- les options pour mieux définir les
responsabilités
des régions urbaines et des mécanismes pour
assurer la transparence et la responsabilité des résultats.
Les grands chantiers de Montréal sont
en place.
Les mécanismes de suivi qui seront mis en place pour
assurer la réalisation des 29 propositions étudiées
contenant plus de 200 pistes d’action et les engagements
des acteurs des secteurs public, privé et communautaire,
ainsi que des gouvernements du Québec et du Canada
continueront d’impliquer dès le début
des projets, nos partenaires dans un processus de nature
consensuelle.
Le maire de Montréal présidera la mise en œuvre
des chantiers. Un forum permanent des chefs de délégations
encadrera la démarche et se réunira une fois
par trimestre. Un secrétariat relevant de la direction
générale assurera la coordination et le suivi
de l’ensemble des chantiers. Chaque chantier sera piloté par
un élu, un chef de délégation externe à la
Ville et un cadre supérieur. La Ville assurera le
leadership et, de concert avec les chefs de délégation,
assurera la qualité du contenu et la cohésion
avec le milieu. Cette formule de chef de délégation
a eu un succès certain dans l’établissement
des consensus du Sommet et nous avons l’intention de
poursuivre dans cette voie.
La Ville de Montréal s’engage à tout
mettre en œuvre pour canaliser cette énergie
nouvelle et concrétiser les engagements qui ont fait
consensus. L’apport enthousiaste des partenaires et
la qualité du travail des quelque 350 employés
municipaux cols bleus, cols blancs, professionnels, cadres
et de la direction générale, ainsi que des
contractuels qui ont joué le rôle « d’architecte
de la renaissance de Montréal », comme l’a
souligné le chef de la délégation de
la culture, Monsieur Simon Brault, est un témoignage éloquent
de l’amour que les gens témoignent envers Montréal
et que cet amour doit devenir contagieux.
J’en profite également pour souligner l’implication
et le travail de nos élus et des membres du comité exécutif
dans les travaux préparatoires au Sommet, ainsi qu’au
Sommet même. De lourdes tâches les attendent
dans la mise en œuvre des recommandations du Sommet,
et je suis convaincu qu’ils y travailleront avec acharnement
et ténacité.
Le défi de la nouvelle Ville sera communiqué aux
27000 employés et aux citoyens pour qu’ils deviennent
non seulement partenaires dans la vision, mais également
partenaires dans l’action.
Jean Lapierre, le président du syndicat des cols
bleus regroupés de Montréal, a dit pour sa
part qu’il était « courageux politiquement
et très osé de réunir autant de gens
aux intérêts différents ».
Certes, mais il reste beaucoup de travail à faire
et, à l’avenir, il faudra faire différemment
pour mieux faire.
Le Sommet de Montréal 2002 et le « contrat
de ville » ont constitué l’acte de fondation
de la nouvelle Ville. Des décideurs de toutes les
sphères d’activités et de tous les milieux
montréalais ont travaillé de concert avec les
représentants des deux niveaux de gouvernement et
de l’administration municipale pour établir
une vision commune et déterminer le plan d’action
et les priorités de la nouvelle métropole pour
les prochaines années.
Notre cité sera démocratique, transparente,
humaine, inclusive, solidaire et gérée par
une administration performante, au service des citoyens.
Notre cité s’intégrera parfaitement
dans un environnement durable.
Le gouvernement du Québec a suscité beaucoup
d’espoir en créant la méga Ville de Montréal,
et nous n’avons jamais eu autant d’avenir. C’est à nous
maintenant « d’Agir », avec l’engagement
inconditionnel de tous nos partenaires. Le Sommet nous a
donné davantage de courage, de détermination,
d’enthousiasme et de passion pour réussir la
nouvelle Ville ensemble.
Certains diront que tout cela n’est encore que bonnes
intentions et vœux pieux et feront preuve d’un
scepticisme d’aloi dans le contexte politique actuel.
Ils devraient plutôt y voir les fondements d’un
projet, d’un plan essentiel pour construire une Ville.
Cette Ville, je ne peux pas la bâtir seul, ni même
avec mon équipe, aussi compétente et convaincue
soit-elle. J’espère donc que les décideurs
de la société montréalaise, dont vous
faites partie, travailleront avec nous pour ériger
ensemble une Cité qui nous rendra fiers et heureux
d’y vivre et qui attirera les gens de partout.
Il s’agit d’un défi ambitieux, mais nous
devons le relever avec fierté, parce qu’il s’agit
de notre rendez-vous avec l’histoire, celui qui façonnera
le destin des Montréalaises et des Montréalais.
____________________
1 Alerte: Les villes canadiennes
seront-elles en mesure de concurrencer?, Fédération
canadienne des municipalités 2001.
Le rapport de la Banque Toronto-Dominion sur les villes canadiennes,
2002.
La stratégie urbaine du Canada : une vision pour le
21e siècle, Groupe de travail du premier ministre
sur les questions urbaines, 2002
Les actes du C% « Ideas that Matter », volume
1, Number 4, 2001
La Charte des cités, Caucus des maires
des grandes villes, FCM, mai 2002
Le Contrat de Ville, Ville de Montréal, 2002
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